L'histoire des  écoles à Plaisance est ancienne

Elle commença peu avant la révolution, en 1781, quand les consuls, l'équivalent des maires actuels, voulurent qu'un régent soit payé pour apprendre « à lire et à écrire aux enfants des laboureurs ». Le régent de l'époque était l'instituteur d'hier, le professeur des écoles d'aujourd'hui. Les consuls durent affronter l'opposition des « biens-tenant », les propriétaires terriens n'habitant pas Plaisance, qui voyaient là une cause certaine d'augmentation « des impositions qui ne sont déjà que trop fortes » et le risque  « qu'une éducation trop soignée qui ne sert qu'à l'oisiveté » ne dégoutte ces enfants « du métier auquel la nature les a destinés » ! Les consuls tinrent bon et obtinrent l'autorisation de nommer, en 1783, un régent avec un traitement de 150 livres annuelles, les conditions matérielles d'accueil des enfants étant à sa charge. La tache qui en résulta pour les consuls, puis les maires après la Révolution, fut très difficile. Nos édiles étaient responsables de tout, du choix du régent, comme du contrôle de son travail pédagogique et des conditions matérielles d'accueil des enfants. Et ils ont eu du travail, un certain régent fit même écrire les enfants « sur leurs genoux ou à genoux par terre faute de leurs fournir les tables nécessaires » pour poser leurs cahiers. Il n'y avait pas de petites économies !

Une vraie école

En 1833, la loi Guizot clarifia la situation : aux communes l'organisation matérielle de l'école, aux départements la formation des maîtres et le contrôle de leurs activités pédagogiques. L'enseignement était obligatoire pour les garçons, facultatif pour les filles. Pour répondre aux exigences de cette loi, Plaisance acquit, en 1841, une maison « confrontant au couchant rue Maubec et nord la grande route ». Vous l'aurez reconnue, c'est notre actuel Hôtel de Ville. Elle servit à l'époque, d'abord d'école de garçons puis de mairie et même de prison. Les petits Plaisançois y apprendront à lire, écrire et compter jusqu'en 1939.

Pour les filles, ce n'est qu'en 1837 que la commune se « pourvoit d'une école », c'est à dire recrute et loge une institutrice. Mais en 1857, le Conseil Municipal constatait qu'elle « n'admettait que 6 élèves dans son école » et décida de confier à 2 religieuses l'enseignement des filles, leur attribuant le salaire et le logement de l'institutrice à la condition qu'elles  en « assurent gratuitement l'instruction primaire de toutes  ». En 1872, Plaisance mit à leur disposition rue du Pont, aujourd'hui rue du docteur Armaing, une maison pour y accueillir les élèves et où elles logeront. Après les lois Jules Ferry de 1881 et 1882, Plaisance résilia cet accord et nomma une institutrice laïque. En 1887, Plaisance choisit un terrain « central, bien situé, exempt d'humidité et éloigné de tout mauvais voisinage » pour y construire une école de filles. Aujourd'hui cette construction, rue de Béoulaygue, abrite l'école des arts et le club du troisième âge après avoir servi de dojo aux judokas.

A la fin du XIX° siècle, les écoles de Plaisance étaient très fréquentées, 93 élèves pour  les garçons et 87  pour les filles. Monsieur Pugibet, l'instituteur, s'en réjouit mais se plaint quand même du manque d'assiduité de ses élèves. Il note cependant avec satisfaction qu'en 1884 il n'y eut pas de conscrit illettré mais tempère son optimisme en constatant que sur 14 conjoints, 9 seulement ont su signer le registre des mariages.

Un début de mixité 

Il faut attendre 1939 pour qu'un groupe scolaire unique, celui de la rue des Écoles,  soit construit et  accueille tous les enfants, filles et garçons, mais en deux écoles bien séparées par un solide mur, la mixité n'était pas encore de mise. La guerre éclata et notre groupe scolaire, à peine terminé, reçut les enfants des ouvriers des usines d'aviation Dewoitine. Les petits Plaisançois attendirent la rentrée scolaire de 1940 pour prendre possession de leur nouvelle école. En 1942, l'école de garçons fut à nouveau réquisitionnée, cette fois par les troupes d'occupation. Pendant quelques mois, garçons et filles se retrouvèrent dans les mêmes classes, avant qu'un aménagement inédit de l'emploi du temps ne mette fin à cette première tentative de mixité : classe le matin pour les filles, l'après midi pour les garçons ! Ce groupe scolaire abrite aujourd'hui la bibliothèque municipale. Il est éponyme de la rue des Écoles.

Les trois bâtiments dont nous venons d'évoquer l'origine, aujourd'hui affectés à d'autres fonctions, ponctuent un siècle et demi d'histoire des écoles à Plaisance. Aujourd'hui,  pour répondre aux besoins d'une population continuellement  croissante et qui occupe toujours plus d'espaces, d'autres constructions scolaires, écoles, collège, un jour sans doute lycée, prouvent que l'histoire continue, et sans que nous en prenions conscience.

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